Meilleure actrice

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Auteur:Anonyme

Catégories:Amour urbain

Prologue   Xiaowei m'a appelé dehors, juste avant midi.   J'ai fermé mon ordinateur portable et tiré les rideaux ; le soleil que je n'avais pas vu depuis longtemps me sembla perçant.   « Refuse ! Je ne accepte pas. » Vint la voix d'Asen depuis la chambre intérieure, « Quel truc de merde,

Chapitre 1

Prologue

Xiaoweim'aappelédehors,justeavantmidi.

J'aifermémonordinateurportableettirélesrideaux;lesoleilquejen'avaispasvudepuislongtempsmesemblaperçant.

«Refuse!Jeneacceptepas.»Vintlavoixd'Asendepuislachambreintérieure,«Queltrucdemerde,çadiminuemongoût.»

Jemesuistournée,etbiensûr,ilsortaitdelachambrelafaceencolère,etjetacequ'iltenaitderrièrelui;lepauvreXiaoYis'empressadelerattraper.

«Tun'aspasacceptédetravaildepuistroismois.»LaminedeXiaoYin'étaitpasmeilleurenonplus,etsoudainilmecria:«SœurYan,tupeuxaussidirequelquechose.»

«Moi?»J'étaisanxieuse,commentpouvais-jedevoirgérerlejeunemaîtreYang?XiaoYimeregardaencoreunefois,etjefisdoncdemonmieuxpourparler:«Asen,jesaisquetuattachesdel'importanceàlaqualitéartistique,mais...»

«Tais-toi!»Asenmecriaàverse,jefermailesyeuxparlâcheté,«Est-cequ'ilt'entretiens,ouc'estmoi?»

«C'estjustementparcequetunousentretienstouslesdeuxquenouspensonsàtoi.»Murmurai-jeàvoixbasse,«Hé,Xiaoweivaattendrequejesoisenretard.»Jebaissailatêteetcomptaimentalementun,deux,trois.

«Xiaowei?»Effectivement,Asenralentitsavoix,«Tuparlaisautéléphoneavecquijustement?»

«C'estXiaowei.»Souris-je,«Ellem'aappeléepoursortiretseretrouver,probablementpournousracontersesnouvelles.Enréalité,Asen,lejugementdeXiaoYiesttrèsbon.Jetteunœilattentivementsurcedocument.Jem'envais.»

«Jeteraccompagne.»Asensetournapourallerchercherlesclefsdesavoiture.

«Non,merci,jepréfèremarcher.»Enmêmetempsquejeparlais,XiaoYiluitenditlecontrat:«Asen,cecontrat...»

«Emêtons.»Ilpritlaplume,agitasamaingrande,jefisungesteavecXiaoYisouslatable:alerteterminée.

«Vraimentnon,Asen.Xiaoweim'ademandéed'yallerseule.»Jedéclarailaréalitécalme.Asenmefixalongtemps,puisentrasoudaindanslachambre,etonn'entenditqu'un*bang*.

J'aisoupiré,pensantqueXiaoweim'attendait,doncjedemandaiàXiaoYides'occuperd'Asen,etquandjemepréparaisàsortir,Asenm'appela.

«Xiaoshu,»Samainsortitdelachambreetluitendituneboîte,«Donne-laàXiaowei.»Puisilrefermalaporteavecun*bang*.

Hé,Xiaoweiestla克星deAsenpourtoujours.Quelqu'unm'adéjàditqu'ilyadesgensdanslavieàquiondoitquelquechose.Jelecrois.Àcausedebeaucoupdechoses.

J'aiattachémeslacetsetmarchailentementverslagare.Danscettevilleenjuin,letempsétaitunpeuétrange.Lasaisondespluiesdelaprunen'arrivaitpas,maislatempératuremontaitchaquejour.Cesderniersjours,cachéschezAsen,onn'avaitpasressentiça,maisensortantaujourd'hui,lacaniculemesemblaunpeuinsurmontable.

Danslastationdemétro,lesgensachetaientleursbilletsetprenaientletrainàtoutevitesse.Moiseul,jemarchaisauralenticommesiderienn'était,enregardantlesgensquipassaient.

Peut-êtrequ'undesavantagesdetravaillerpourAsen,c'estquejepeuxcontinueràalleraussilentement.Pourdireleschoses,c'estAsenquiprendsoindemoidepuistoujours.Etjesuistoujourshonteusementcachéesouslaprotectiondemesamis.Jedoisdirequ'Asenestunbonhomme.Onseconnaîtdepuissilongtemps,jel'aibiencompris.

Xiaoweim'avaitrendez-vousdansce«Peuimporte»,lelieudenosretrouvaillesdepuisnosannéesd'études.Entre-temps,lesserveursavaientchangéplusieursfois,lepatronavaiteudeuxmandats,ons'étaitbienentendus,puisilssontpartis,d'autressontvenus,etons'estànouveaubienentendus.Lenombredepersonnesprésentesànosretrouvaillesvariait,etnousavionstousquittél'écolepourentrerdanslavieactive,maisnouscontinuionsdenousretrouvericicommeavant.Toutcommeonabesoindeboîtespourconservercertaineschoses,cequin'apaschangé,c'estcequenousnevoulonspaschanger.

Quandj'aiouvertlaportedupetitrestaurant,uncoupdefroidm'asubmergé;leclimatiseurdulocalm'asauvéedelachaleurétouffante.

«Xiaoshu,tuesarrivée.»Lepatronsouriaitdepuislecomptoirpourmesaluer.Jesouris.Jejetaiuncoupd'œildanstoutlelocal:Xiaowein'étaitpasencorevenue.

Jem'assisànotreancienneplace,etlepatrondemandaavecunsourire:«Toujourslamêmechose?»

Jedisaioui,etunetassedethéàlafleurfutposéedevantmoi.

«C'estdelalavandeaujourd'hui.»Sourit-il.J'enbutunegorgée,laissantl'arômedelavandeserépandredansmabouche.J'amenaidoncunebonnehumeur.Jeregardaiautourdemoi,cesonttousdesvisagesjeunes.Onvienticipourlaplupartdesétudiants,jemedisquejesuisbienvieillecomparéeàeux.

Jedemandaidoncdiscrètementaupatron:«Est-cequejeneressemblepasdutoutàuneclientedecelieu?»

Lepatronmeregardadelatêteauxpieds:mescheveuxendésordre,unechemiseblanchetropgrande,unjeanlavéquidevenaitblanc,desvieillesbasketsConverse,ets'arrêtasurmonvisageunpeulas.Ilritfort:«Tuestellementlasse.Qu'est-cequisepasse?Tuveuxbientravaillerchezmoi?»

Jesecouailatêteetcontinuaideboiremonthé.MatenueétaitqualifiéederenonciationparXiaoweietAsen;Asenm'avaitdéjàpointédudoigtendisant:«Çamarqueclairement«Hommesinterdits».»Donc,chaquefoisquejel'accompagnaisentantqu'assistante,ilfaisaitarrangerpourquejesoisbienhabillée,disantquejenedevraispasluifaireperdrelaface.Maisjetrouvaisçatellementfatigant,cen'étaitpasmoi.Êtrenoyédanslafoulepournepassedistinguer,c'étaitbienmoi.

Jecontinuaideboiremonthéàlalavande,attendantlentementXiaowei.

PourquoiXiaowein'arrivaitpasencore?

Soudain,unpantainbeigeapparutdevantmoi,jelevailatêteparréflexeetrestaiparalysée:ilmesourivitcommed'habitude,etjel'entendisdire:«Tuasattendulongtemps?»

1YanShuacrudepuistoujoursquecertainespersonnesnaissentpourêtredeshéros,etd'autrespourêtredesfigurants.

Muyang,Xiaowei,Asenetlesgensdeleurcalibresontdeshéros,tandisqu'ellefaitpartiedesmillionsdefigurants.Toutétaittrèsbanal,ettrèsconformeauxrègles.

L'étédeses15ans,quandellepensaitça,elleétaitallongéesurlarampedubalcon,profitantd'uninstantdereposaprèsavoirfaitdestonnesd'exercicesdemathématiques.Leslumièresdetouteslesmaisonsdubâtimentd'enfacesemblaientvisiblesàvued'œilnu,etenfondsonore,ilyavaitlepianofluideetmagnifiquevenantdel'étagesupérieur,associéparfaitementausonduviolon.Toutcommeleursmaîtresétaientenharmonie,c'étaitl'entraînementdeMuyangetXiaoweipourunspectaclescolaire.YanShuétenditlamainetregardasesdoigts.Enréalité,quelqu'unavaitdéjàlouésesdoigts,disantqu'ilsétaienttrèsadaptéspourjouerdupiano.Ellesouritbêtementenpensantça.C'étaitMuyangquil'avaitdit,etilluiappritensuiteàjouerdupiano.

Surlestouchesnoiretblancdupiano,lesdoigtsdeMuyangétaientminces,agilesetforts,etunesuitedenotesmerveilleusess'enéchappa.

Muyangdit:«Viens,faiscommeça.»YanShuposasamaindessusavecprécaution,etdessonsmaladroitsde«1,2,3,4»sortirentunparun.Lesdeuxenfantsseregardèrentetsourirent.Muyangdit:«Jouons«TwinkleTwinkleLittleStar»ensemble.»Puisilcommençaàjouer.YanShuleregardaenlevantlatête,etenuninstant,ellepensaqu'ellen'oublieraitjamaiscettescène.Legarçonvêtud'unechemiseblanchepropre,assissurlepianonoir,lesoleilvenaitdelafenêtreàcôtéetéclairaitlesdoigtsmincesetagilesdujeunehomme.Àcemoment-là,YanShusutqueMuyangn'étaitpasdumêmemondequ'elle.Ellepensaqu'ilétaitnépourêtreunhéros.

«Àquoipenses-tu?»

«Ah?»Ellerouvritlesyeux,Muyangétaitallongésérieusementsurlebalcon,laregardantd'enhaut.

YanShuremarquaquesonpianos'étaitarrêtédepuisunmoment.

«Non...nonrien.»Ellebaissalatête,«Jerévisaismesmotsanglais!»

MaislaphrasesuivantedeMuyangfitmordreYanShusalangue.

«Maistutiensunmanueldemathématiquesdanslamain.»

«Muyang,»pritsonsouffle,etleregardaenlevantlatête,«Tuasuneexcellentevue.»

Dansl'obscurité,onnedistinguaitpassonvisage,onn'entenditquesavoixriante:«Jeportedeslunettes.»

«Tun'aspasunemyopiegrave.»Marmonna-t-elleàvoixtrèsbasse,Muyangn'avaitpasentendu,alorsildemanda:«Qu'est-cequetuasdit?»

«Ah,riendutout.Xiaoweiestpartie?»

«Oui,ellevientderentrer—commentvonttesexercicesdemathématiques?»

"Ah,"regarda-t-ellesonmanueldemathématiquessursesmains,"lesmathématiquessontputainamentdifficiles."Impossible,ellen'avaittoutsimplementpaslafibredesmathématiques.

"Jevaisdescendreteaider."Commetoujours,MuYangsourit.

YanShulevalatêteetlevit,unvisagesouriantetbienveillantdansl'obscurité.

"Celui-ci,ilsuffitdeleposercommeuneconstantepourlesubstituer."Ayantécritquelquesétapes,MuYangpassalepapieràYanShu,"Refais-lepartoi-même."

YanShuhochalatête,lepritetmordillasonstyloavantdereprendresontravail.

"Quellessontteschancespourl'examendel'annéeprochaine?"LaquestionsoudainedeMuYangfitleverlatêtedeYanShu.

"Jenesaispas."YanShusecoualatête,"Unlycéegénéraldevraitaller."Elleditceciavantdeseremettreàsonexercice.

"Tudoisintégrerunlycéed'excellence."MuYangfitunepause,hochalatêtepuiscontinua,"Parcequetudevrasallerdanslamêmeécolequemoi."

"Lamêmeécole?"Suspecta-t-elled'avoirmalentendu.

MaisMuYorkhochaseulementlatête:"Ouais,tuyarrives."

Vraiment?C'esttropdifficile,pensaYanShuenbaissantlatête.Onn'estpaspareil,jesuisuneélèvedecollègetoutàfaitordinaire,elleavaitquandmêmecettemodestiesurelle.

"Xiaoshu?"

"Ah?"YanShulevalatêteetsouritàcontrecœur,"Jevaisfairedemonmieux."

"YanShu--"LesouriresurlevisagedeMuYorkfitfrissonnerYanShu,elledétournadoncsonregard:"Bon,biensûr.Jevaisfairedesefforts."

MuYorksouritettapadoucementlatêtedeYanShu:"Trèssage."

Ilfaisaittrèschaud,lesoleilpendaitdanslecieletdégageaitsachaleursanspitié.Surleterraindebasket,lesriresetleschamaillesdesgarçons,lebruitduballondebasketquirebondissaitsurlesoletrepartaitpar-dessuslesvaguesdechaleurparvenaientjusqu'àelledeloin.

YanShusuivaitXiaoweienmarchantversleterraindebasket,lesbruitsqu'ellepercevaitluiindiquaientàquelpointcelieuétaitanimé.ElleavaitétéentraînéeparXiaoweipourvenirchercherMuYangetabandonnerlesdevoirsquecedernierluiavaitdonnés.ElleregardaitledosdeXiaoweiquimarchaitdroitdevantelle.Xiaoweiapparaissaittoujoursdevantelledecettefaçon,marchantdroitdevantelle,despasfermes,toutcommesonéclat:c'étaitunepersonnenéepourêtrelavedette.

"Hé,MuYang."L'appellégerdeXiaoweifitaussileverlatêtedeYanShupourregarderversMuYang.Cederniersetenaitcontrelalumière,lesoleiléblouissantderrièreluifitplisserlesyeuxdeYanShu.

"Tamèrem'aditquetuétaisici."Xiaoweisouriantes'approcha,MuYangetsesamiss'arrêtèrentpourlesregarder.

MuYorksouritetregardaYanShuquisecachaitsousl'ombred'unarbreloind'eux.YanShuserecroquevillaencoreplussousl'ombre.

"Qu'est-cequetufaislà-bas?"demandaMuYang.

"Moi...J'aipeurdebronzer."Dèsqu'elleeutditça,YanShuserepentit:commeelle,elleavaitencoreditunebêtise:elleentenditaussitôtlesriresimpudiquesdesgarçons.

MuYorksouritseulement:"Asseyez-vousd'abord,jevousachèteuncocatoutàl'heure."Ilfitungesteettoutlemonderetournasurleterraindebasket.

MuYorkétaittoujoursconsidérécommeunleaderparmisespairs.

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