Chapitre 19

«Jaloux?»SouritMuYang.ContrairementàlahontedeYanSchu.

«Va,jesuislejeunemaître...»GrognaYangSenavecmépris.

YanSchurit:«D'accord,jesaisquetuescapable.»EllesetournaversMuYang:«J'aifinidemanger,jevaisallermelaverlesmains.»dit-elleenselevant.

MuYanglaregardadisparaîtreaucoinducouloiravantdetournerlatêtepourcroiserlesyeuxcurieuxdeYangSen.

«Tuasquelquechose?»

«Tuescontentmaintenant,n'est-cepas?»SouritmalicieusementYangSen,«Hé,j'aibienexécutémamission,non?»

«Oui.»NoddingMuYang,«Tuméritesdeséloges.Merci,ASen.»

«Derien.Onestamis,aprèstout.EtXiaoShu,cetteimbécile,n'estpassimauvaise.»Ilétaittropbêtepours'enoccuper.«Vousêtesheureux,aujourd'hui.»

«Entreelleetmoi...ilyaencoredesproblèmes.»Quandilparladeça,unvoiled'ombrepassasurlevisagedeMuYang.«Jeneconnaispaslaraison,maiscen'estpasaussisimple.»Surtoutdepuisqu'ilavaitdécouvertcetobjet,ilsentaitquelebonheuractuelétaitquelquepeufragile.Ilsavaittrèsbiencequ'ilvoulait,maispourcetteaffaire,ilsentaitqu'elledépassaitsescapacités,cartantd'émotionsétaientliéesàXiaoShu.

«Qu'est-cequipourraitarriver?Onasurvécuàbienplusdechoses.»SospiraYangSen.«J'enaiunpeumarre,pourêtrehonnête.»

«XiaoWeiesttrèsintelligente.Elleajustebesoindetempspourl'instant.»Sourit-ilpourleconsoler,etsonregardsetournaversYanShuquis'approchait.«Pascommecettefemme,elleestunpeubête.»Ilsouritetlaregardaavectendresse.

«Dequoiparlez-vous,avecautantdejoie?»

«Riendutout,onaparlédevieillessouvenirs.»MuYangtiralachaisepourelle.«Jevienstecherchercesoir,d'accord?»

YanSchupoussaunsoupir,puissouritdebonheur:«D'accord.»

YanSchutraînaYangSenencouranthorsdelachaînedetélévision,etlajetaviolemmentdanslavoituregaréeenbasdelachaîneparMuYang,encriantàhautevoix:«Dépêchez-vous!MuYang,roulezvite!»

CefutlascènequeMuYang,quiattendaitdepuislongtempsenbasdelachaînedetélévision,vit.Iln'yvitpasdemaletappuyaimmédiatementfortementsurl'accélérateurpours'enfuiràtouteallure.

Surlaroute,YanSchuregardaautourd'elleetsoupira:«Trouvezunhôtelproche.»

YangSenavaitlafiguresombreetsemitàcrier:«Bonsang!Pourquoitum'astirédelà?Jen'aipasencorebattucetype!»cria-t-ilversMuYang,«MuYang,retourne!»

«Qu'est-cequetufais!»YanSchueutmalàlatête.«Onaeubeautempsàs'enfuir.Tuveuxretournersefairetuer,alorslesacrificedeXiaoYinevaudraitrien!»

Dieusaitcommentonaacceptédeparticiperàcetteémission,dieusaitoùl'animateuratrouvélesinformationssurXiaoWei.Oui,lesmédiasdumondedeviennentdeplusenplusfous,maiscommentont-ilseudelachance?Quandl'animateurademandé:«Onditquenotreamoureuxdupublicn'apasencoreconquislecœurd'unejeunefille»,levisagedeYangSenavaitdéjàchangé,etquiauraitcruquel'animateurauraitosécontinuer:«Elleveutmettreunelignelonguepourpêcherungrospoisson?»YangSenselevad'unbondetportauncoupdepoingàl'animateur.Lascènedevintunchaos.Lachaînedetélévisionadûdiffuserunepublicité,XiaoYis'estprécipitépourcalmerlesgens,etelleaeubeautempsàtirerYangSendelascène.

Heureusement,onarencontréMuYang.YanSchusoupira,etquelquechoseluivintàl'esprit:ah,oui,XiaoWei.

EllesortitsontéléphoneenhâteetcomposalenumérodelamaisondeXiaowei.Aprèsdeuxoutroissonneries,Xiaoweidécrocha.

«Allô?Xiaowei.»Yanshuparlaàtoutevitesse,«As-turegardélatélévision?»

«Non,qu’est-cequisepasse?»

«Écoutebien,Xiaowei,neregardesurtoutpasparlafenêtre.»Sesmotsàpeineprononcés,elleentenditun«chhh—»venantdel’autreboutdutéléphone.C’étaitfini,Xiaoweiavaittirésurlesrideaux.

Quelquesinstantsplustard,Xiaoweidemanda:«Excusez-moi,ya-t-ileuunmeurtreprèsdechezmoi?»Ilyavaittellementdegensquiétaientvenus.

«Non,c’esttoietYangsen…quirisquezdefairelaunedesarticlesdedivertissement.»

Unsilences’installaauboutdufil.Quelquesinstantsplustard,lavoixcalmedeXiaoweiréapparut:«DisàYangsen…»

Yanshucollaletéléphoneàl’oreilledeYangsen…

«Vatefairefoutre!»Ungrandcriquiallaitluipercerl’oreille.

«Jenepeuxpast’aider.»Yanshuditavectristesse,«Prendsgardeàtoi.»

«J’aitellementladalle.»Dèsqu’ellerentrachezelle,Yanshus’étenditsurlecanapé,incapabledebougerd’unpouce.Dèsqu’ellerelâchasatension,toutelafatiguelasubmergea,ellesentaitqu’elleallaitsedécomposer.

Muyangversaunverred’eauetleposasurlatable,puiss’assitàsescôtés.Yanshus’effondranaturellementsurlui.

«Tuessifatiguée?»

«Ouais.Oui.MaisçairaquandXiaoyiinterviendra.»C’étaittellementconfortable,Yanshus’approchadavantagesanss’enrendrecompte.

«Pourquoi?»

«GrâceauxmoyensdeXiaoyi,ilorganiserauneconférencedepressedemain.Asenjoueralerôled’unamoureuxdévouéetgagneralasympathiedetoutlemonde.SaufXiaowei…ellen’aurapasuneminutederepospendantuncertaintemps.»Yanshus’arrêtauninstant,«Mêmedanscecas,ilyauradesconséquences,ilnerestequ’àsavoircommentlescompenser.»

«Alorsonpeutêtretranquille.»Muyangrit,profitantdecemomentoùilavaitunedouceetchaudefemmedanssesbras,«Pourquoies-tuencorefatiguée?»

«Jemesensjustefatiguée.»Yanshusoupira,«Ilyauratellementdechosesembêtantesàvenir.Peut-êtrequejenesuistoutsimplementpasfaitepourcemétier.»

«Alorsrestetranquilleàlamaison.»

Eh?Àlamaison?

YanshulevalatêtepourregarderMuyang,quisouriait:«Oui,jeprendraienchargetoi.Tupeuxécriretesscénarios,et…»Ils’arrêtauninstant,posasamainsurleventredeYanshuetlaregarda,«Onauraunenfant.»

Un…enfant?

«Attendsuneseconde!»YanshurepoussalecorpsdeMuyangquis’approchait,«Je…je…»

«Tuneveuxpasd’enfant?»LaparoledeMuyangétaitpleinedecompréhension,ilsortitunebouteilledemédicamentsdesapocheetlaposasurlatable,«J’aidécouvertçaenrangementleplacardàpharmaciecesoir.»Dieusaitcombienilaétéchoquéetattristéquandilatrouvécettebouteille.

«C’est…cen’estquedelavitamineC.»Yanshudétournalatête,n’osantregarderMuyang,ets’empressaderangerlemédicament,maissesmainsétaientdansledésordreetellen’yparvenaitpas.

«Jenelesaispas?»LavoixdeMuyangétaitbasse,«Pourquoineveux-tupasd’enfant?Tun’aspasencoredécidéderesteravecmoi?»

«Non…cen’estpasça…»Yanshulevalatête,expliquéeavecnervosité,etvitlevisagegravedeMuyang,soncœurseserra,«Vraiment.Cen’estpasça.»Vraimentcen’étaitpasça.Parcequejet’aimetrop,j’aipeurqu’unjourtumequittes,parcequenoussommessiincompatibles.Sionavaitunenfant,àcemoment-là…Yanshupensait,marmonnantàlabouche,«Vraimentcen’estpasça,cen’estpasça.»

«Alorspourquoi?»

«Parceque…parceque…»Yanshuouvritlabouche,puisavalalesmotsquiétaientsurlepointdesortir,etremplaçaparunsourireforcé,«Parcequenoussommesencoreenphasedeconstructiondecarrière,onn’apasl’énergiepouréleverunenfant,etonnepeutpasluioffrirlemeilleur,donc…»

Muyangfixasonvisage,Xiaoshunesavait-ilpas?Ellenesavaitpasdutoutmentir,c’étaitcommeçadepuissonenfance.Mais,bienqu’ilnesûtpascequ’ellepensaitvraiment,ilfallaitluilaisserdutemps.MuyangsoupiraetserraYanshudanssesbras:«Tuasraison.Onn’apasd’enfantpourl’instant.»Bienqu’ilvoulaitbeaucoupavoirunenfant,commeXiaoshu,commelui-même,«Maisjem’occuperaidutravail.Tun’asplusbesoindeprendrecespilules.Çan’estpasbonpourlasanté,tusais?»

«Ouais.»Yanshuhochalatête,Muyang,tuestellementgentil,donc,jenesuisvraimentpasdignedetoi.ÉcoutantlebattementrégulierducœurdeMuyang,YanshuserraMuyangencoreplusfort,«Merci.»

«Tun’aspasbesoindedireça.Ilnefautjustepasmefaireattendretroplongtemps.»Ilditàdoublesens.

Yanshuneréponditpas.

8.2

Toutétaitcalme,letempsétaitrevenuaprèsl’orage,aussibienpourelleetMuyangquepourlesennuisdeYangsen.Maisseulsceuxquiysontprissaventlapeine,commecetteatmosphèresubtilequiexistaitentreelleetMuyang.Seulseux-mêmeslesavaient,Yanshuregardaparlafenêtre,pensantainsi.

Danssonbureau,Yanshusoupira,arrêtasonstyloetrangealalettreetlecadeausurlecôté.LenombredepersonnesquisoutenaientAsenaugmentaitdeplusenplus,etbeaucoupd’entreeuxconseillaientmêmeàXiaoweidel’épouserdirectement.ÇaferaittropdecadeaupourAsen,pensait-elle.

Elleregardal’horlogeaumur,ilétaitpresquel’heuredelapausedéjeuner.Elleavaitfinilaplupartdesaffairesdujour.Leurhorairedetravailn’étaitpastrèsfixe,cequileurlaissaitunegrandemargedeflexibilité.

Tellementfatiguée.Peut-êtrequ’ellepourraitsedonneruncongél’après-midi,detoutefaçonAsenétaitaccompagnéparXiaoyi.

«Hé,Yanjie,tunevaspasmanger?»Unejeunefillepoussalaporteetfitentrerlamoitiédesatête,«Onprévoitd’allermangeraurestaurantjaponaisd’enface,lesboulettesderizysonttrèsbonnes.Tuveuxvenir?»

«Non.»Yanshurefusaavecunsourire,«Jeprévoisdesortirl’après-midi.Appelle-moisurmonportablesiquelquechosesepasse.»Desboulettesderiz?Peut-êtrequ’ellepourraitallervoirMuyang.

Oui,àcemomentprécis,elleavaittrèsenviedevoirMuyang.

Tenantdeuxboîtesàrepas,deboutdevantl’immeubledustudiodeMuyang,Yanshusereprochaitd’avoiragisurimpulsion.Elleregardasamontre,nesavaitpassiMuyangavaitfinisontravail?Ellen’avaitvraimentpasréfléchiavantd’agir.

Ellesoupira,entradanslebâtiment,montadansl’ascenseuretregardaleslumièresdel’ascenseurs’allumeruneparune.

Muyangétaitencoretrèsoccupéencemoment.Ilacréésonproprecabinetd’avocats,toutessortesdecorvéesdemandentsonattention,mêmemaintenantqu’ildisaitquelecabinetétaitunpeusurlabonnevoie,ilpassaitencoresessoiréesàtravaillerdanssonbureau.\nQuelleexpressionaurait-ilquandillaverraitarriver?Heureux,surpris,ouindifférent?

«Ding—»L’ascenseurs’ouvrit,rompantaussilespenséesenvracdeYanshu,elleinspiraprofondémentetsortit.

EnentrantdanslecabinetdeMuYang,ilsemblequetoutlemondesoitallédéjeuner,iln'yapersonnededans.EtalorsMuYang?

Elles'approchelentementdubureaudeMuYang,etuneidéetraversesonesprit:etsipersonnenerépondait?Ellelèvelamainetfrappedoucementtroiscoupsàlaporte.

«Entrez.»Heureusement,ilétaitlà.

Ellepousselaporteetentre,etconstatequeMuYangesttoujoursplongédansuntasdeplans,sansleverlatête.Lebureauestbienrangé:unegrandebibliothèqueestpleinedelivres,etsurunmeubleàcôtésetrouventplusieurstrophéesqueMuYangarapportésdesÉtats-Unis.YanShusouritdoucementetdit:«J'ail'impressiondevousdéranger.»

«Xiaoshu!»

MuYang,plongédanssontravail,lèvelatêteaussitôtqu'ilentendcettevoix.IlvoitYanShusouriredeboutàlaporte,enagitantlaboîteàrepasqu'elletientàlamain:«Jevousapporteàmanger,avez-vousmangé?»

MuYangsetientdeboutetsourit:«J'ensuisàmourirdefaim.»Ils'approche,fermelaporte,fermelafenêtre,tireYanShupourqu'elles'assoiesursonsiègeetrespireàgrand-peine:«Çasentbon.»

IlbaisselatêteetdemandeàYanShu,ensouriant:«Ai-jedéjàditquetuesunebonneépouse?»

YanShufeintdebaisserlatêtepourréfléchir:«Jecroisquenon.»

«Ehbien,jevaislediremaintenant.»

«Jesais.»Ellesortlaboîteàrepaspourlaplacerentreeuxdeux:«Jesaisquel'attraitdelanourritureestplusfortquelemien.»

MuYanghausselessourcils,avecunairinnocent,enréalitéilaimeraitmieuxlamanger.

Aprèsavoirbuunegorgéedethé,YanSoupiredecontentement:«Cesboulettesderizdecerestaurantsontvraimentdélicieuses,pasétonnantquetoutlemondeaimeyaller.J'aitropmangé.»Ellesetoucheleventre:«Désolé,jevaisgrossirànouveau.»

MuYangsouritetessuiesaboucheavecunmouchoirenpapier,boitunegorgéed'eauetfixesoudainYanShu.

«Qu'est-cequinevapas?»

«Surtoncoindelabouche...»MuYangn'apaseuletempsdefinirsaphrasequ'ils'abaissaitpourlécherlegrainderizsurlecoindesabouche:«Ilyaungrainderiz.»Ilmurmuredoucementàcôtédesabouche.

PuisYanShugoûteunesaveuracide,oui,c'estuneboulettederizauxpruneaux.Puisaprèsça,ellenesaitplusrien...

«Roger!»Unevoixféminineintervientsoudainement.MuYangcrieensecret«Merdre»ets'éloignerapidementdeslèvresdeYanShu.YanShupousseaussirapidementMuYangetregardelapersonnequivient.

«Elleestbelle!»C'estlepremiermotquitraversesonesprit.Lapersonnequivientadestraitsfacialesdéjàbeaux,pluslemaquillagesophistiqué,etsurtoutsonaura:uneconfianceetuneélégancenaturelles.Ellen'estpassurprisedelascènequ'ellevientdevoir,bienqu'elleaitététémoindecemoment.

Elletouchedouquementsescheveuxbouclés,c'estexactementcequ'estlecharmeenvoûtant.Elleentreetsouritdoucement:«Roger,quiest-elle?»Elles'adresseàYanShu,maissesyeuxbrillantsneregardentqueMuYang,etneprennentmêmepasYanShuenconsidération.

«Mafemme,YanShu.»MuYangsouritetfaitlaprésentation:«Xiaoshu,c'estViviane,unecamaradedeclasseauxÉtats-Unis.»

Enentendantlemot«femme»,lessourcilsdeVivianesefroncentuninstant,maisellesetournerapidementpourexaminerYanShu,étendlamainavecgrâce:«Bonjour.JesuisViviane.»

«Tu...tuesbienvenue.»YanShuétendaussilamain,unepersonnecommeçarendvraimenthumble.SurtoutquandelleestavecMuYang,leursdeuxéclatssontlesseulsdanscettepièce.Aprèsavoirtravaillédanslemondeduspectacle,laseulechosequ'elleaappriseestdejugerlesgens.Parexemple,ellesentvaguementlahostilitédeVivianeenverselle.CettepenséefaitfrémirYanShu.Peut-ellevraimentgagnercontreelle?

Soudain,ellesentunechaleursursonépaule,ellebaisselatêteetvoitquelamaindeMuYangreposesursonépaule.EllesouritlégèrementetsepencheversMuYang.

SentantYanShusedétendre,MuYangdemandeaussiàViviane,ensouriant:«Qu'est-cequit'amèneaujourd'hui?»

Vivianehochelatête:«Ilyacertainspointsquimesemblentproblématiquessurleprojetdel'oncle.»

«Vraiment?»MuYangfaitasseoirYanShusurlecanapé:«Assieds-toiici,ilyadesmagazines.Situesfatiguée,repose-toi.Cesoir,oniradînerensemble.D'ailleurs,tun'asrienàfairel'après-midi,non?»

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