«Jaloux?»SouritMuYang.ContrairementàlahontedeYanSchu.
«Va,jesuislejeunemaître...»GrognaYangSenavecmépris.
YanSchurit:«D'accord,jesaisquetuescapable.»EllesetournaversMuYang:«J'aifinidemanger,jevaisallermelaverlesmains.»dit-elleenselevant.
MuYanglaregardadisparaîtreaucoinducouloiravantdetournerlatêtepourcroiserlesyeuxcurieuxdeYangSen.
«Tuasquelquechose?»
«Tuescontentmaintenant,n'est-cepas?»SouritmalicieusementYangSen,«Hé,j'aibienexécutémamission,non?»
«Oui.»NoddingMuYang,«Tuméritesdeséloges.Merci,ASen.»
«Derien.Onestamis,aprèstout.EtXiaoShu,cetteimbécile,n'estpassimauvaise.»Ilétaittropbêtepours'enoccuper.«Vousêtesheureux,aujourd'hui.»
«Entreelleetmoi...ilyaencoredesproblèmes.»Quandilparladeça,unvoiled'ombrepassasurlevisagedeMuYang.«Jeneconnaispaslaraison,maiscen'estpasaussisimple.»Surtoutdepuisqu'ilavaitdécouvertcetobjet,ilsentaitquelebonheuractuelétaitquelquepeufragile.Ilsavaittrèsbiencequ'ilvoulait,maispourcetteaffaire,ilsentaitqu'elledépassaitsescapacités,cartantd'émotionsétaientliéesàXiaoShu.
«Qu'est-cequipourraitarriver?Onasurvécuàbienplusdechoses.»SospiraYangSen.«J'enaiunpeumarre,pourêtrehonnête.»
«XiaoWeiesttrèsintelligente.Elleajustebesoindetempspourl'instant.»Sourit-ilpourleconsoler,etsonregardsetournaversYanShuquis'approchait.«Pascommecettefemme,elleestunpeubête.»Ilsouritetlaregardaavectendresse.
«Dequoiparlez-vous,avecautantdejoie?»
«Riendutout,onaparlédevieillessouvenirs.»MuYangtiralachaisepourelle.«Jevienstecherchercesoir,d'accord?»
YanSchupoussaunsoupir,puissouritdebonheur:«D'accord.»
YanSchutraînaYangSenencouranthorsdelachaînedetélévision,etlajetaviolemmentdanslavoituregaréeenbasdelachaîneparMuYang,encriantàhautevoix:«Dépêchez-vous!MuYang,roulezvite!»
CefutlascènequeMuYang,quiattendaitdepuislongtempsenbasdelachaînedetélévision,vit.Iln'yvitpasdemaletappuyaimmédiatementfortementsurl'accélérateurpours'enfuiràtouteallure.
Surlaroute,YanSchuregardaautourd'elleetsoupira:«Trouvezunhôtelproche.»
YangSenavaitlafiguresombreetsemitàcrier:«Bonsang!Pourquoitum'astirédelà?Jen'aipasencorebattucetype!»cria-t-ilversMuYang,«MuYang,retourne!»
«Qu'est-cequetufais!»YanSchueutmalàlatête.«Onaeubeautempsàs'enfuir.Tuveuxretournersefairetuer,alorslesacrificedeXiaoYinevaudraitrien!»
Dieusaitcommentonaacceptédeparticiperàcetteémission,dieusaitoùl'animateuratrouvélesinformationssurXiaoWei.Oui,lesmédiasdumondedeviennentdeplusenplusfous,maiscommentont-ilseudelachance?Quandl'animateurademandé:«Onditquenotreamoureuxdupublicn'apasencoreconquislecœurd'unejeunefille»,levisagedeYangSenavaitdéjàchangé,etquiauraitcruquel'animateurauraitosécontinuer:«Elleveutmettreunelignelonguepourpêcherungrospoisson?»YangSenselevad'unbondetportauncoupdepoingàl'animateur.Lascènedevintunchaos.Lachaînedetélévisionadûdiffuserunepublicité,XiaoYis'estprécipitépourcalmerlesgens,etelleaeubeautempsàtirerYangSendelascène.
Heureusement,onarencontréMuYang.YanSchusoupira,etquelquechoseluivintàl'esprit:ah,oui,XiaoWei.
EllesortitsontéléphoneenhâteetcomposalenumérodelamaisondeXiaowei.Aprèsdeuxoutroissonneries,Xiaoweidécrocha.
«Allô?Xiaowei.»Yanshuparlaàtoutevitesse,«As-turegardélatélévision?»
«Non,qu’est-cequisepasse?»
«Écoutebien,Xiaowei,neregardesurtoutpasparlafenêtre.»Sesmotsàpeineprononcés,elleentenditun«chhh—»venantdel’autreboutdutéléphone.C’étaitfini,Xiaoweiavaittirésurlesrideaux.
Quelquesinstantsplustard,Xiaoweidemanda:«Excusez-moi,ya-t-ileuunmeurtreprèsdechezmoi?»Ilyavaittellementdegensquiétaientvenus.
«Non,c’esttoietYangsen…quirisquezdefairelaunedesarticlesdedivertissement.»
Unsilences’installaauboutdufil.Quelquesinstantsplustard,lavoixcalmedeXiaoweiréapparut:«DisàYangsen…»
Yanshucollaletéléphoneàl’oreilledeYangsen…
«Vatefairefoutre!»Ungrandcriquiallaitluipercerl’oreille.
«Jenepeuxpast’aider.»Yanshuditavectristesse,«Prendsgardeàtoi.»
«J’aitellementladalle.»Dèsqu’ellerentrachezelle,Yanshus’étenditsurlecanapé,incapabledebougerd’unpouce.Dèsqu’ellerelâchasatension,toutelafatiguelasubmergea,ellesentaitqu’elleallaitsedécomposer.
Muyangversaunverred’eauetleposasurlatable,puiss’assitàsescôtés.Yanshus’effondranaturellementsurlui.
«Tuessifatiguée?»
«Ouais.Oui.MaisçairaquandXiaoyiinterviendra.»C’étaittellementconfortable,Yanshus’approchadavantagesanss’enrendrecompte.
«Pourquoi?»
«GrâceauxmoyensdeXiaoyi,ilorganiserauneconférencedepressedemain.Asenjoueralerôled’unamoureuxdévouéetgagneralasympathiedetoutlemonde.SaufXiaowei…ellen’aurapasuneminutederepospendantuncertaintemps.»Yanshus’arrêtauninstant,«Mêmedanscecas,ilyauradesconséquences,ilnerestequ’àsavoircommentlescompenser.»
«Alorsonpeutêtretranquille.»Muyangrit,profitantdecemomentoùilavaitunedouceetchaudefemmedanssesbras,«Pourquoies-tuencorefatiguée?»
«Jemesensjustefatiguée.»Yanshusoupira,«Ilyauratellementdechosesembêtantesàvenir.Peut-êtrequejenesuistoutsimplementpasfaitepourcemétier.»
«Alorsrestetranquilleàlamaison.»
Eh?Àlamaison?
YanshulevalatêtepourregarderMuyang,quisouriait:«Oui,jeprendraienchargetoi.Tupeuxécriretesscénarios,et…»Ils’arrêtauninstant,posasamainsurleventredeYanshuetlaregarda,«Onauraunenfant.»
Un…enfant?
«Attendsuneseconde!»YanshurepoussalecorpsdeMuyangquis’approchait,«Je…je…»
«Tuneveuxpasd’enfant?»LaparoledeMuyangétaitpleinedecompréhension,ilsortitunebouteilledemédicamentsdesapocheetlaposasurlatable,«J’aidécouvertçaenrangementleplacardàpharmaciecesoir.»Dieusaitcombienilaétéchoquéetattristéquandilatrouvécettebouteille.
«C’est…cen’estquedelavitamineC.»Yanshudétournalatête,n’osantregarderMuyang,ets’empressaderangerlemédicament,maissesmainsétaientdansledésordreetellen’yparvenaitpas.
«Jenelesaispas?»LavoixdeMuyangétaitbasse,«Pourquoineveux-tupasd’enfant?Tun’aspasencoredécidéderesteravecmoi?»
«Non…cen’estpasça…»Yanshulevalatête,expliquéeavecnervosité,etvitlevisagegravedeMuyang,soncœurseserra,«Vraiment.Cen’estpasça.»Vraimentcen’étaitpasça.Parcequejet’aimetrop,j’aipeurqu’unjourtumequittes,parcequenoussommessiincompatibles.Sionavaitunenfant,àcemoment-là…Yanshupensait,marmonnantàlabouche,«Vraimentcen’estpasça,cen’estpasça.»
«Alorspourquoi?»
«Parceque…parceque…»Yanshuouvritlabouche,puisavalalesmotsquiétaientsurlepointdesortir,etremplaçaparunsourireforcé,«Parcequenoussommesencoreenphasedeconstructiondecarrière,onn’apasl’énergiepouréleverunenfant,etonnepeutpasluioffrirlemeilleur,donc…»
Muyangfixasonvisage,Xiaoshunesavait-ilpas?Ellenesavaitpasdutoutmentir,c’étaitcommeçadepuissonenfance.Mais,bienqu’ilnesûtpascequ’ellepensaitvraiment,ilfallaitluilaisserdutemps.MuyangsoupiraetserraYanshudanssesbras:«Tuasraison.Onn’apasd’enfantpourl’instant.»Bienqu’ilvoulaitbeaucoupavoirunenfant,commeXiaoshu,commelui-même,«Maisjem’occuperaidutravail.Tun’asplusbesoindeprendrecespilules.Çan’estpasbonpourlasanté,tusais?»
«Ouais.»Yanshuhochalatête,Muyang,tuestellementgentil,donc,jenesuisvraimentpasdignedetoi.ÉcoutantlebattementrégulierducœurdeMuyang,YanshuserraMuyangencoreplusfort,«Merci.»
«Tun’aspasbesoindedireça.Ilnefautjustepasmefaireattendretroplongtemps.»Ilditàdoublesens.
Yanshuneréponditpas.
8.2
Toutétaitcalme,letempsétaitrevenuaprèsl’orage,aussibienpourelleetMuyangquepourlesennuisdeYangsen.Maisseulsceuxquiysontprissaventlapeine,commecetteatmosphèresubtilequiexistaitentreelleetMuyang.Seulseux-mêmeslesavaient,Yanshuregardaparlafenêtre,pensantainsi.
Danssonbureau,Yanshusoupira,arrêtasonstyloetrangealalettreetlecadeausurlecôté.LenombredepersonnesquisoutenaientAsenaugmentaitdeplusenplus,etbeaucoupd’entreeuxconseillaientmêmeàXiaoweidel’épouserdirectement.ÇaferaittropdecadeaupourAsen,pensait-elle.
Elleregardal’horlogeaumur,ilétaitpresquel’heuredelapausedéjeuner.Elleavaitfinilaplupartdesaffairesdujour.Leurhorairedetravailn’étaitpastrèsfixe,cequileurlaissaitunegrandemargedeflexibilité.
Tellementfatiguée.Peut-êtrequ’ellepourraitsedonneruncongél’après-midi,detoutefaçonAsenétaitaccompagnéparXiaoyi.
«Hé,Yanjie,tunevaspasmanger?»Unejeunefillepoussalaporteetfitentrerlamoitiédesatête,«Onprévoitd’allermangeraurestaurantjaponaisd’enface,lesboulettesderizysonttrèsbonnes.Tuveuxvenir?»
«Non.»Yanshurefusaavecunsourire,«Jeprévoisdesortirl’après-midi.Appelle-moisurmonportablesiquelquechosesepasse.»Desboulettesderiz?Peut-êtrequ’ellepourraitallervoirMuyang.
Oui,àcemomentprécis,elleavaittrèsenviedevoirMuyang.
Tenantdeuxboîtesàrepas,deboutdevantl’immeubledustudiodeMuyang,Yanshusereprochaitd’avoiragisurimpulsion.Elleregardasamontre,nesavaitpassiMuyangavaitfinisontravail?Ellen’avaitvraimentpasréfléchiavantd’agir.
Ellesoupira,entradanslebâtiment,montadansl’ascenseuretregardaleslumièresdel’ascenseurs’allumeruneparune.
Muyangétaitencoretrèsoccupéencemoment.Ilacréésonproprecabinetd’avocats,toutessortesdecorvéesdemandentsonattention,mêmemaintenantqu’ildisaitquelecabinetétaitunpeusurlabonnevoie,ilpassaitencoresessoiréesàtravaillerdanssonbureau.\nQuelleexpressionaurait-ilquandillaverraitarriver?Heureux,surpris,ouindifférent?
«Ding—»L’ascenseurs’ouvrit,rompantaussilespenséesenvracdeYanshu,elleinspiraprofondémentetsortit.
EnentrantdanslecabinetdeMuYang,ilsemblequetoutlemondesoitallédéjeuner,iln'yapersonnededans.EtalorsMuYang?
Elles'approchelentementdubureaudeMuYang,etuneidéetraversesonesprit:etsipersonnenerépondait?Ellelèvelamainetfrappedoucementtroiscoupsàlaporte.
«Entrez.»Heureusement,ilétaitlà.
Ellepousselaporteetentre,etconstatequeMuYangesttoujoursplongédansuntasdeplans,sansleverlatête.Lebureauestbienrangé:unegrandebibliothèqueestpleinedelivres,etsurunmeubleàcôtésetrouventplusieurstrophéesqueMuYangarapportésdesÉtats-Unis.YanShusouritdoucementetdit:«J'ail'impressiondevousdéranger.»
«Xiaoshu!»
MuYang,plongédanssontravail,lèvelatêteaussitôtqu'ilentendcettevoix.IlvoitYanShusouriredeboutàlaporte,enagitantlaboîteàrepasqu'elletientàlamain:«Jevousapporteàmanger,avez-vousmangé?»
MuYangsetientdeboutetsourit:«J'ensuisàmourirdefaim.»Ils'approche,fermelaporte,fermelafenêtre,tireYanShupourqu'elles'assoiesursonsiègeetrespireàgrand-peine:«Çasentbon.»
IlbaisselatêteetdemandeàYanShu,ensouriant:«Ai-jedéjàditquetuesunebonneépouse?»
YanShufeintdebaisserlatêtepourréfléchir:«Jecroisquenon.»
«Ehbien,jevaislediremaintenant.»
«Jesais.»Ellesortlaboîteàrepaspourlaplacerentreeuxdeux:«Jesaisquel'attraitdelanourritureestplusfortquelemien.»
MuYanghausselessourcils,avecunairinnocent,enréalitéilaimeraitmieuxlamanger.
Aprèsavoirbuunegorgéedethé,YanSoupiredecontentement:«Cesboulettesderizdecerestaurantsontvraimentdélicieuses,pasétonnantquetoutlemondeaimeyaller.J'aitropmangé.»Ellesetoucheleventre:«Désolé,jevaisgrossirànouveau.»
MuYangsouritetessuiesaboucheavecunmouchoirenpapier,boitunegorgéed'eauetfixesoudainYanShu.
«Qu'est-cequinevapas?»
«Surtoncoindelabouche...»MuYangn'apaseuletempsdefinirsaphrasequ'ils'abaissaitpourlécherlegrainderizsurlecoindesabouche:«Ilyaungrainderiz.»Ilmurmuredoucementàcôtédesabouche.
PuisYanShugoûteunesaveuracide,oui,c'estuneboulettederizauxpruneaux.Puisaprèsça,ellenesaitplusrien...
«Roger!»Unevoixféminineintervientsoudainement.MuYangcrieensecret«Merdre»ets'éloignerapidementdeslèvresdeYanShu.YanShupousseaussirapidementMuYangetregardelapersonnequivient.
«Elleestbelle!»C'estlepremiermotquitraversesonesprit.Lapersonnequivientadestraitsfacialesdéjàbeaux,pluslemaquillagesophistiqué,etsurtoutsonaura:uneconfianceetuneélégancenaturelles.Ellen'estpassurprisedelascènequ'ellevientdevoir,bienqu'elleaitététémoindecemoment.
Elletouchedouquementsescheveuxbouclés,c'estexactementcequ'estlecharmeenvoûtant.Elleentreetsouritdoucement:«Roger,quiest-elle?»Elles'adresseàYanShu,maissesyeuxbrillantsneregardentqueMuYang,etneprennentmêmepasYanShuenconsidération.
«Mafemme,YanShu.»MuYangsouritetfaitlaprésentation:«Xiaoshu,c'estViviane,unecamaradedeclasseauxÉtats-Unis.»
Enentendantlemot«femme»,lessourcilsdeVivianesefroncentuninstant,maisellesetournerapidementpourexaminerYanShu,étendlamainavecgrâce:«Bonjour.JesuisViviane.»
«Tu...tuesbienvenue.»YanShuétendaussilamain,unepersonnecommeçarendvraimenthumble.SurtoutquandelleestavecMuYang,leursdeuxéclatssontlesseulsdanscettepièce.Aprèsavoirtravaillédanslemondeduspectacle,laseulechosequ'elleaappriseestdejugerlesgens.Parexemple,ellesentvaguementlahostilitédeVivianeenverselle.CettepenséefaitfrémirYanShu.Peut-ellevraimentgagnercontreelle?
Soudain,ellesentunechaleursursonépaule,ellebaisselatêteetvoitquelamaindeMuYangreposesursonépaule.EllesouritlégèrementetsepencheversMuYang.
SentantYanShusedétendre,MuYangdemandeaussiàViviane,ensouriant:«Qu'est-cequit'amèneaujourd'hui?»
Vivianehochelatête:«Ilyacertainspointsquimesemblentproblématiquessurleprojetdel'oncle.»
«Vraiment?»MuYangfaitasseoirYanShusurlecanapé:«Assieds-toiici,ilyadesmagazines.Situesfatiguée,repose-toi.Cesoir,oniradînerensemble.D'ailleurs,tun'asrienàfairel'après-midi,non?»