«Oh.»XiaoWeiaouvertlaportièreetestmontéedanslavoiture,«Tuconduissanspermis,commentpersonnenet'aarrêté?»
«Çaneteregardepas!Tuesmalàl'aisesitunetecontredispasunejournée?»
«Oui,jesuismalàl'aise.»aditXiaoWeiavecunairnonchalant.
«Tuesforte.»YangSenaaidéXiaoWeiàattachersaceinturedesécuritéavecattention,asoudainvulesourirepensifdesagrand-mèredanslerétroviseur,aditimpatiemment:«Onpart.»
YangSenatournélatête,avuYanShuquisetenaitlàavecuneexpressionabêtie,ilasoudainsourimalicieusement,amontrésesdentsblanchesparfaites:«Hé,XiaoShu.»
«Hein?»YanShunecomprenaitpas,avaitunairde«prêteàécoutervosconseils»,«Qu'est-cequisepasse?»
«J'aientendudire...»Dèsqu'elleaentenducesdeuxmots,YanShuaeuunmauvaispressentiment.
«TuasembrasséMuYang?»
«YangSen...»LavoituredeYangSenadisparuencourant,nelaissantqu'unesériederiressansentrave.
C'étaitbiencequ'ellecraignait!
Àlatélévision,c'étaitencorelacomédiedeFengGongetNiuQun.NiuQunavaitlesmainsdanslespoches,avaitunairdefemmequicriecommeunedéchainée,etFengGong?Iljouaittoujourssonairabêtie,clignotantdesespetitsyeux.Sonpèreetsamèreriaientetdisaient:«Cesdeuxfarcesurs.»
YanShuavaittoujourspenséqueleNouvelAndevaitêtreanimé,etla«soiréeduNouvelAn»n'étaitqu'undesaccessoiresdecetteanimation.Ellen'avaitdoncjamaiseudegrandesexigencespourlasoiréeduNouvelAn,elleregardaitçadetempsentemps.D'ailleurs,depuistantd'années,c'estdevenuunehabitude.Seulementaujourd'hui,ellenesemblaitpaspouvoirsecalmerpourregarderlatélévision,mordantunepommedanslamain,ellesentaitquesonespritétaitcomplètementendésordre.
«Jet'aime.»
«Qu'est-cequetucomptesfaireavecMuYang?»
«ToutlemondesaitqueMuYangt'aime,toiseuletufaissemblantdenepassavoir.»
«TucomptescontinueràabuserdessentimentsdeMuYangcommeça?»
Jenesaispas,ellenesavaitvraimentpas.YanShuasecouélatêteviolemment,voulantchasserceschosesagaçantesdesonesprit.
«Qu'est-cequetufais?»samèreamangéunegrainedetournesoletl'ainterrogée.
«Tuasenviededormir?»sonpère,appuyésurlecanapé,abuunegorgéedethéetacontinuéderegarderlatélévision.
«Non.»YanShuaposésatêtesuruncoussin:c'esttellementagaçant.
«J'aientendudirequetuasembrasséMuYangenpublic.»
Ah,lesrumeurs.Maiscebaiser...
«Oui.MuYangaimeYanShu.»lesdoigtsdeYanShuonttouchédoucementseslèvres...
«Dinglingling...»
LecoupdetéléphonesonnétoutàcoupafaitsursauterYanShu:«Jevaisrépondre,jeréponds!»
YanShuasautéducanapéetadécrochéletéléphonequinecessaitdesonner:«Allô?»
«Bonneannée!»
«Adai?!»s'estexclaméeYanShuavecjoie,«Bonneannée!»
«Bonneannée!»aditAdaienriantàl'autreboutdufil,«J'avaispeurqu'onneparviennepasàvousjoindreplustard,doncjevoussouhaiteunebonneannéeàl'avance.»
«Merci.»aditYanShuenriant,«Qu'est-cequetufais?»
«Jeregardelatélévision,qu'est-cequejepeuxbienfaired'autre?Jem'ennuieunpeu.Ettoi?»
«Oh.»asoupiréYanShu,«Jesuisunpeuagacée.»
«Qu'est-cequ'unenfantpeutavoiràêtreagacé?»aditAdaienriant,puisasoudaininterrompu,«Oh,c'estunproblèmed'amour.»
«Tu--»
«Commentsavais-je?»aeul'aird'Adaiquisavaittout,«TuasrompuavecSuMing,d'ailleurstunel'aimaispasvraiment.»
«Quil'adit,nous...»Après«nous»,YanShun'apaspucontinuer,ellesavaitqu'Adaiavaitpeut-êtreraison,elleavaitpleurétellementcejour-là,cen'étaitpasàcausedelarupture,maisparcequ'elleavaitsoudaindécouvertqu'elleavaitétédupée,ouqu'elleavaitdécouvertqu'ellesetrouvaitdansunmondequ'elleneconnaissaitpas,dontellenepouvaitpaséchapper.
«MuYangt'aime--neleniepas,toutlemondelevoit.Ettoi?»
Elle?
«Jenesaispas.»Ellenesavaitvraimentpas,YanShuasoupiré,ajetéuncoupd'œilàsesparents,touslesdeuxregardaientsérieusementlatélévisionsansaucunautremouvement,elleabaissélavoix,«Tuasditquelesgensquinesontpasaumêmeniveaunepeuventpasêtreensemble.»
«Oui,jel'aidit.Maiscen'estquedanslasituationgénérale,jen'excluspaslescasparticuliers.Crois-tuvraimentquetuetluin'êtespasaumêmeniveau?»
«Oui.»aaffirméYanShu.
«D'accord.Alorsjevaisdireunephraseunpeusentimentale:mêmesionn'estpasaumêmeniveau,tantqu'onaime,qu'est-cequiempêche?»a-t-ellesoudainementdemandésérieusement,«YanShu,tun'aimesvraimentpasMuYang?»
Tun'aimesvraimentpasMuYang?
CettequestionsoudaineasoudainementagacéeYanShu:«Je...jenesaispas.Tusais,luietmoinesommespasdanslemême...»
«Cen'estpasimportant.»ainterrompuAdaid'uncoup,«Cequicompte,c'estqueMuYangt'aime.Ettoi?Qu'enpenses-tu?»
«Je...»
«YanShu,soishonnête,jepensepersonnellementquetul'aimes.Tuespeut-êtretropattachéeàtonpetitmonde.Sanstenircomptedetout,aimes-tuvraiment?»
Aimerounepasaimer?YanShuétaitassisesurlecanapéensilence.Parfois,elleavaitlecœurquibattaitàlavitessed'unballonquandMuYangsouriait,est-ceçaaimer?Parfois,elleselaissaitemporterparlachaleurquelessoinsdeMuYangapportaient,est-ceçaaimer?Parfois,elleserendaitcomptequ'elleavaitaccidentellementfixélevisagesérieuxdeMuYangpendantunbonmoment,est-ceçaaimer?Elles'efforçaitdesedirequ'elleetMuYangn'étaientpasdumêmemonde,est-ceçaaimer?
……
Ellenesavaitvraimentpas.
«Jenesaispascequ'estl'amour.»a-t-elleditd'unevoixabsente,etadécouvertquel'autreboutdutéléphoneétaitensilence.
Aprèsunbonmoment,elleaentenduAdaisoupirer:«Çan'aidepas.MuYangestvraimentpauvre.»Unepersonnecommeça,quin'arrivaitpasàconquérirsapetiteamie,a-t-elleditenriant,«Tudoisyréfléchirvite.Iln'yapasbeaucoupdegensquiacceptentuneenfantstupidecommetoi,aprèsMuYang,cevillagen'apluscemagasin.»
«Merci.»aacceptéYanShuenriantlessoinsd'Adai,«Adai,félicitationsd'avoirvieillid'unandeplus.»
«Tumeprendspourplusjeunequetoi,hein.»afeintdesefâcherAdai,«Alorsfélicite-toidegrandirsansbut--YanShu,jevaisauxÉtats-Unis.»
«Ah--»YanShun'apasbiensaisitoutdesuite,«Pourquoi?»
«Tusaisaussiquejenesuispastrèssatisfaitdemasituationactuelle,jeveuxmedonnerunechance.»a-t-ellearrêtéuninstant,«Çavaêtretrèsduretjerisquedebeaucoupperdre,jeveuxtransféreràl'étranger,tusaisquejedoisabandonnerbeaucoupdechoses,maisilyauneopportunitérarequiseprésenteàmoi--lanouvelleannée,jevaisprendreunedécisionquimeappartient.»
«Alors--jetesouhaitedusuccès.»
«Merci,aurevoir.»
«Aurevoir.»Aprèsavoirraccrochéletéléphone,YanShuasoupiré,AdaiquiallaitauxÉtats-Unisavaitprissadécision,alorsqu'allait-iladvenird'elle?
«Agacé--»incapabledesupporterlapression,elleacrié.
«Dequoies-tuagacée?»ademandésamamantoutdesuite.
«Non,nonrien.»Entraindeparler,letéléphoneadenouveausonné,«Jevaisrépondre--Allô,bonneannée--Maman,c'estpourtoi.»C'étaituneamiedesamamanquivenaitsouhaiterlabonneannée.
Samamanaprisletéléphone,YanShuregardaitlatélévisionàcôtéendistrait.
AdaiquiallaitauxÉtats-Unis,aimerounepasaimer,aussibienlanouvelleannéequel'annéeancienne.
«D'accord,bonneannée.Bonnefortune.»Aprèsavoirvusonpèreraccrocherplusieursappels,YanShuaregardésamontre:ilétaitpresqueminuit.Lesappelsdevœuxdebonneannéecommençaientàmultiplier,elleavaitaussiappelétoussescamarades,latélévisiondiffusaitmaintenantleclimaxpouraccueillirleglasdunouvelan.Parmisesamis,MuYangn'avaitpasappelé.Fallait-illuitéléphoner?Dèsqu'elleapenséàça,YanShuadécouvertquesoncœurbattaitàunevitesseinconsciente.Chaqueannée,elleappelait,maiscetteannée……
«Xiaoshu,unappeltéléphonique.»SamamanadécrochéletéléphoneetafaitsigneàYanShu,«Dépêche-toi.»
«Oh--Allô?»
«Xiaoshu.»
C'étaitMuYang!YanShus'estassised'uncoupsurlecanapé,lecœurbattaitàtoutrompre:«Tu...tuesbon.»
AyantsentiMuYangrire,levisagedeYanShuestsoudainementdevenurouge:«Bon...bonneannée.»
Évidemment,lafamilledeMuYangregardaitaussilatélévision,onpouvaitentendrelebruitdesatélévisionàtraversletéléphone,ilsregardaientaussilasoiréeduFestivalduPrintemps.
«Bonneannée--Jeveux,àcemomentprécis,vousdemandermaréponse:pouvez-vousêtreavecmoi?»
YanShuestrestéeensilence,elleaentendulesondudécompteàl'autreboutdutéléphonequisemélangeaitàceluidesapropretélévision.
"Dix,neuf,huit,sept..."